28/08/2006

 

 

 

Ovide Musin     309x156 
 

II est des hommes du passé qui ont mérité une grande reconnaissance. Certains ne sont pas qui ont mérité une grande reconnaissance. Certains ne sont pas oubliés, d'autres sont moins connus aujourd'hui.

Cette dernièreinfortune est celle d'un grand Nandrinois,

 Ovide Musin.
En préparant les manifestations qui allaient, en cette année 2004, célébrer le 150e anniversaire de sa naissance, j'ai eu l'occasion de lire "My Memories" qu'il a écrit en anglais, à New-York en 1920. J'ai été séduit par son récit de 75 années d'une existence extraordinaire. J'ai tenu à la raconter et réparer ainsi ce que je considère comme une injustice.


José Giot

 


  Ovide Musin


En l'an de grâce 1854, Nandrin a vécu un événement dont personne ne pouvait bien sûr mesurer la suite heureuse et historique.
Il est 19 heures ce 22 septembre lorsque les lallations d*un nouveau-né résonnent chez les Musin. Dans la grosse bâtisse de la place du Batty, Madame Musin, née Louise Milles, vient de mettre au monde son cinquième entant. II se prénommera Ovide, Berthold, Céran, Agnan. Un avenir fait de gloire mondiale s'ouvre à lui.
Le père, Jacques Musin, ingénieur civil, né aux A vins, a commencé sa carrière à l'usine Cockerill que John, un Anglais, fils de William Cockerill, a fondé à Seraing en 1817, Après plusieurs "Imnées dans cette entreprise aussi bien à Seraing que dans le sud de la France, il rentre en Belgique et fait la connaissance de Louise Milles née au château de Sotrez. Il n'y avait que 3 miles (5 km) entre Sotrez et le centre de Nandrin. C'est probablement pour cela qu'ils s'y marient le 21 février 1844 et qu'ils font construire une belle habitation place du Batty, Jacques

s'y installe comme marchand de vins et'de grains. 

Etraits choisis des livres de Monsieur GIOT


 


 
 
 
 



 
 Naissance d'une vocation


Je ne me souviens pas d'avoir
 jamais éprouvé la moindre difficulté à apprendre la musique, en saisissant d'instinct le sens musical, d'une manière psychologique, si vous voulez. Même étant jeune, j'avais la notion exacte d'un timbre de voix pure et libre, car souvent ! 'intonation nasale, lourde et fausse des prêtres m'était très pénible ou me semblait si drôle que j'avais difficile de garder un '* visage impassible et de ne pas rire. Un des prêtres chantait quel¬que chose qui résonnait à mes oreilles comme : omelette-o-rum-frîcandurn (Gigotum Cressonem) et cela, à la première messe, éveillait mon appétit pour le déjeuner.
Les jours de fête, comme tes autres enfants, j'absorbais les chants populaires et les cramignons. Les cramignons semblent particuliers à la Province de Liège et à la race wallonne car je n 'en ai jamais vu ni entendu dans aucune autre contrée. Le cramignon n 'est pas tout à fait une danse du pays mais plutôt une marche qui est le vestige d'une très ancienne cérémonie religieuse datant du temps des druides. Il doit avoir son origine dam des temps si anciens où le pays était encore couvert des vastes étendues de forêts. Ceci peut expliquer la longue et serpentine ligne des marcheurs s'enroulant et se repliant à la manière des serpents entre les arbres.
Le cramignon commence de cette façon : un jeune homme, le conducteur, porte un bouquet dans sa main droite et, avec sa main gauche, il prend la main droite de sa dame, celle-ci donne sa main gauche au jeune homme qui la suit et ainsi de suite couple après couple, un après l'autre, se joignent dans la marche qui se fait de côté, les bras étendus. Le conducteur entonne un chant, chantant la première ligne qui est reprise et répétée en chœur par les marcheurs et ainsi pendant toute la durée du chant, la marche continue, le conducteur les enroulant parfois en un groupe compact, puis les déroulant, serpentant, tournant d'un côté à l'autre, à travers les rues jusqu'à ce qu'ils soient tous essoufflés avant de se disperser."
Son père avait remarqué l'attirance d'Ovide pour la musique. Ses dispositions pour le chant, son attrait pour le joueur d'orgue de barbarie et le violoneux donnent l'idée à son père de lui offrir un petit violon comme jouet à la Noël. Ovide est entré dans sa sixième année. De plus en plus, il abandonne ses jeux à l'extérieur pour rester à la maison avec son violon. Plus tard, voyant l'intérêt de l'enfant pour cet instrument et la persévérance avec laquelle il tente de bien jouer, son père lui achète un plus grand violon, Ovide est aux anges et il prend conscience qu'il lui faut un professeur ; cela n'est pas facile à Nandrin. C'est alors qu'Ovide pense au savetier du village qui joue, à l'occasion, de la contrebasse avec un petit orchestre de musiciens qu'il recrute dans les villages voisins pour animer des soirées dansantes. Le savetier n'a aucune formation musicale, mais se débrouille à l'oreille. L'enfant s'adresse à lui et ainsi, c'est dans l'échoppe du vieil homme qu'il va apprendre les notes, à accorder son violon et jouer également à l'oreille. 11 progresse, ne s'en lasse pas et s'exerce sans désemparer, chez lui. Afin de ne pas déranger, il s'installe sous la table-de-la pièce en façade. Le tapis qui recouvre le meuble pend jusqu'au sol et étouffe quelque peu le son.
11 a huit ans lorsqu'un professeur de violon venant de Liège, passe devant l'habitation des Musin et entend par la fenêtre ouverte les notes d'un violon. Il s'approche, regarde à l'intérieur et ne voit rien.

                            Etraits choisis des livres de Monsieur GIOT

                                                                   


 

Un jour d'été que je passais à Liège, je rencontrai mon ami le Chevalier de Thier, propriétaire du journal « LA MEUSE ». Il me demanda d'écrire quelques lettres sur mes voyages, me disant : "Quand vous êtes loin, ce sera agréable pour vos amis en particulier et pour le public en général". Je lui promis de le faire et en voyageant autour du monde, je me souvins de ma promesse et pendant mes moments perdus, j'envoyai des lettres à LA MEUSE, sous le titre : "Un violoniste aux Antipodes".

 
  
 
Ovide  MUSIN     

Musée communal de la Vie rurale Condruze

( Fondation Christian Blavier )

 
 

 

 
 

Bibliographie
 
 
 
 
   
 

José Giot              

 
 

 

si.nandrin@skynet.be


Ce samedi 15 mai à 14:00 heures avait lieu l'inauguration du violon "Ovide Musin"
aux abords du Musée de la Vie Rurale Condruse "Fondation Christian Blavier"

Cette célébration a ouvert officiellement l'année Ovide Musin , célébrant les 150 ans de la naissance de l'Artiste

Nandrinois

 

si.nandrin@skynet.be


 

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